REFORME DES RETRAITES
La loi sur les
retraites a été adoptée par l’Assemblée nationale le 18 décembre 2013,
validée par le Conseil constitutionnel et publiée au journal officiel le 21
janvier 2014.
Au cours de la
concertation, la CFDT a pesé pour obtenir des mesures de justice. Elles auront
un effet significatif pour les salariés exposés à la pénibilité ainsi que ceux
qui ont effectué une longue carrière, les femmes et les salariés précaires ou à
temps partiel, les jeunes et les basses pensions, ainsi que les polypensionnés.
Le texte créée également un ensemble de mesures en faveur des personnes en
situation de handicap et de leurs aidants.
Si la loi ne
prévoit pas la réforme systémique demandée par la CFDT, elle met en place une
gouvernance du système de retraite dans son ensemble. Celle-ci se traduira par
un pilotage renforcé des régimes, fondé sur des objectifs y compris
qualitatifs, notamment en matière d’équité et de simplification.
Cette info rapide
détaille les mesures prévues dans le cadre de la réforme des retraites,
qu’elles soient portées par la loi du 20 janvier 2014, la loi de finances pour
2014 ou encore par des décrets. Il s’agit de mesures :
·
de financement des régimes (1)
·
de justice sociale (2)
·
modifiant les dispositifs d’incitation à la
poursuite d’activité (3)
·
de simplification (4)
·
de gouvernance du système de retraite (5)
1. Mesures de financement
1.1.
Augmentation
du taux de cotisation entre 2014 et 2017
L’augmentation du taux de cotisation
retraite sera à terme de 0,60 point[1] :
+ 0,30 point de
part salariale
+ 0,30 point de
part patronale
Pour les salariés du secteur privé, le
calendrier est le suivant :
· En
2014 : augmentation de 0,30 point répartie entre :
+ 0,15
point de cotisation salariale / + 0,15 point de
cotisation patronale.
· Entre
2015 et 2017 inclus : augmentation de 0,10 point par année, répartie
entre :
+ 0,05 point de
cotisation salariale / + 0,05 point de cotisation patronale.
Pour les agents des fonctions publiques
la hausse du taux de cotisation salariale tient compte du calendrier de la
précédente hausse de taux, décidée en 2010 :
· En
2014 : augmentation de 0,06 point,
· Entre
2015 et 2017 inclus : augmentation de 0,08 point
par année.
Pour les agents qui relèvent des régimes
spéciaux de retraite, un calendrier spécifique s’appliquera.
Dans
un premier temps, la CFDT avait jugé équilibrée la hausse du taux de cotisation
qui se partageait également entre employeur et salarié. La compensation
ultérieure de la hausse de la cotisation employeur par une baisse équivalente
(0,15 point de la cotisation famille) a conduit à réviser cette première
appréciation. La baisse de ressources qu’entraîne pour la Caisse nationale des
allocations familiales cette baisse de cotisation patronale famille sera en
effet compensée par une dotation budgétaire de l’Etat. Comme le budget de
l’Etat repose principalement sur des impôts acquittés par les ménages,
l’équilibre est rompu.
Pour
la CFDT, il est nécessaire de poursuivre les travaux engagés au sein du Haut
conseil du financement de la protection sociale afin de définir un scénario de
transfert de cotisations qui permette de dégager des marges de manœuvre.
L’utilisation
de ces marges de manœuvre devrait être négociée au regard de deux priorités
d’avenir :
•
d’une part l’investissement des entreprises en faveur de la recherche, de
l’innovation, de la formation,
•
d’autre part l’investissement social par la consolidation du financement de la
protection sociale et l’amélioration du pouvoir d’achat des salariés.
C’est
désormais l’enjeu des discussions sur le Pacte de responsabilité de déterminer
les contreparties à la suppression annoncée des cotisations famille.
1.2.
Augmentation
de la durée d’assurance à partir de 2020
Cette
augmentation concerne l’ensemble des
régimes de retraite.
La loi prévoit le
calendrier pour les salariés affiliés au
régime général et les agents des fonctions publiques.
D’ici 2020, la
durée d’assurance reste inchangée: elle est de 41,5 années (166 trimestres)
pour les assurés nés en 1955, 1956 et 1957.
Entre 2020 et 2035, la durée d’assurance
permettant d’obtenir une retraite à taux plein augmentera d’un trimestre tous
les trois ans. Elle passera ainsi :
·
de 41 années et 3 trimestres en 2020 pour les
assurés nés en 1958,
·
à 43 années en 2035 pour la génération née en
1973 et les suivantes.
|
Pour un assuré né en :
|
Durée de cotisation correspondant à une carrière
complète
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Date de mise en œuvre
|
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1958, 1959, 1960
|
41 ans et 3
trimestres
|
2020, 2021, 2022
|
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1961, 1962, 1963
|
42 ans
|
2023, 2024, 2025
|
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1964, 1965, 1966
|
42 ans et 1
trimestre
|
2026, 2027, 2028
|
|
1967, 1968, 1969
|
42 ans et 2
trimestres
|
2029, 2030, 2031
|
|
1970, 1971, 1972
|
42 ans et 3
trimestres
|
2032, 2033, 2034
|
|
A partir de 1973
|
43 ans
|
A partir de 2035
|
Pour les régimes spéciaux (hors
fonctions publiques), un calendrier
spécifique s’appliquera afin de tenir compte de la convergence de la durée
d’assurance avec le régime général prévue par la réforme de 2007.
L’augmentation de la durée de cotisation
interviendra à partir de 2020, sans accélération et sans modification de
la règle d’évolution prévue en 2003, qui s’appuie sur un partage des gains
d’espérance de vie à la retraite entre durée d’activité et durée de
retraite :
·
deux tiers
des gains d’espérance de vie sont affectés à une augmentation de la durée de
cotisation ouvrant un droit à la retraite à taux plein,
·
un tiers
des gains d’espérance de vie sont affectés à l’augmentation de la durée de la
retraite.
Au cours de la concertation, la CFDT a
obtenu que les efforts demandés en matière de durée de cotisation soient
limités, équitables et s’inscrivent dans le prolongement des règles définies en
2003.
1.3.
Fiscalisation
de la majoration de pensions pour les parents d’au moins trois enfants
Les majorations pour les parents d’au
moins trois enfants seront incluses dans l’assiette de l’impôt sur le revenu. Cette mesure s’applique dès 2014[2] aux majorations servies en 2013 par
l’ensemble des régimes, y compris les régimes complémentaires (Arrco, Agirc,
Ircantec).
Pour
éviter que de nombreux retraités ne deviennent imposables du fait de cette
mesure, un mécanisme de réduction ou d’annulation d’impôt a été renforcé en
parallèle (décote fiscale).
Les majorations de pensions pour les
parents d’au moins trois enfants sont versées aux hommes et aux femmes. Elles
échappaient à l’impôt sur le revenu, ce qui aggravait les redistributions à
l’envers en direction des retraités les plus aisés et au détriment des plus modestes.
Cette mesure fiscale constitue un préalable indispensable à la refonte de cette
majoration dans un sens favorable aux mères de famille et aux salariés à bas
salaires (cf. 2.2).
1.4.
Report de 6 mois de la revalorisation
des pensions
La date de revalorisation
des pensions de retraite des régimes de base est reportée de 6 mois, du 1er
avril au 1er octobre de chaque année, sauf pour les
titulaires :
·
de
l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, ex-minimum vieillesse),
·
d’une
pension d’invalidité,
·
d’une
rente liée à un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Dans
ces 3 situations, la pension reste revalorisée au 1er avril de
chaque année.
Parmi les retraités
modestes, seuls les bénéficiaires du minimum vieillesse sont protégés du recul
de la date de revalorisation des pensions.
Près d’un million de
retraités qui vivent sous le seuil de pauvreté sans pour autant bénéficier du
minimum vieillesse seront concernés par le report de la revalorisation des
pensions. La CFDT considère que ces
retraités modestes auraient également dû être épargnés par la mesure.

